Les Césars et Mammon

197

Newsletter 158 – Avril 2018

L’histoire de l’humanité nous décrit toute une succession de drames dont la cause unique est si souvent énoncée par la Bible : « Ils ne suivent pas mes voies, alors le je les ai livrés aux phantasmes de leur cœur pour qu’ils suivent leurs propres conseils ! » Ps 81,13-14. « Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments » 1 Th 6,10.

Même en présence du Christ, le Verbe de Dieu, les puissants posent de fausses questions fiscales: « Est-il permis, ou pas permis, de payer le tribut à César ?» Mt 22,17. Jésus, par amour, accepte de répondre aux pharisiens parce que l’histoire de notre humanité a connu trop de malheurs liés au manque de sagesse financière : salaires défaillants, inflation, chômage, révoltes des paysans, des ouvriers, faim, différentes formes d’injustice.

Notre Seigneur commençe par démasquer la pensée tordue des puissants : « Hypocrites, pourquoi me tendez-vous un piège ? ». Puis, s’étant fait montrer la « monnaie du tribut », sur laquelle était l’effigie de César, il leur dit : « Rendez donc à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu » Mc 12,17. Mais où était donc le piège ? Tout simplement ces pharisiens hypocrites posent une question qui ne les concerne pas ! Collaborateurs du système fiscal de César, les impôts pesaient sur le peuple mais pas sur eux ! Au contraire cela les enrichissait. Nous connaissons exactement cette situation aujourd’hui mais en pire avec la manipulation de l’économie par les banques centrales qui n’enrichissent que 1 % de la population, en faisant porter les fardeaux sur les autres 99 % . Car en effet depuis 2016, 1% de l’humanité possède plus que les 99% restants et 62 personnes possèdent plus que la moitié la plus pauvre de la population mondiale ! La finance est devenu folle et elle finira par craquer ! Il faut donc se préparer matériellement et spirituellement à vivre une page douloureuse imposée par les puissants.

« Toute la terre m’appartient » dit Dieu en Isaïe 42-5… donc je n’ai rien à rendre à César, puisque tout est à Dieu ! C’est une page magnifique d’humour où le Christ renvoie César à son néant et les petits à Dieu ! Qui est comme Dieu ? On comprend pourquoi les chrétiens sont honnis par tous les Césars de la terre !

Les papes ont prolongé la pensée du Christ avec la Doctrine sociale de l’Eglise. Ils n’ont cessé d’annoncer la pensée du Christ contre les Césars du monde au service de Mammon : Rendre à César ce qui appartient à César ne doit pas être invoqué pour autoriser César à prendre ce qui ne lui appartient pas. Ni pour lui permettre d’enlever au peuple ce qui appartient au peuple pour le passer à Mammon. Ainsi la mentalité des accords de mondialisation est bien la privatisation des gains par les Césars et la socialisation des pertes appauvrissant 99 % des hommes.

Quand Jésus demande à voir l’effigie il dévoile en creux le véritable enjeu : Le pouvoir de César devrait être au service de l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Favoriser l’effigie de César c’est rejeter l’effigie de l’homme image et ressemblance de Dieu.  L’homme devient totalement esclave du tyran César et oublie qu’il est icône de Dieu Trinité ! Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est honorer la dignité à tout homme créé à son image !

Voilà la pensée de Dieu face aux finances : « La personne humaine doit être placée au premier rang des réalités terrestres.» (Pie XI, encyclique Divini redemptoris). « La personne a priorité sur toutes les institutions, financières, économiques ou politiques, priorité sur les gouvernements eux-mêmes » (Pape François.) L’argent ne doit être qu’un serviteur et non le maitre. Le serviteur des échanges humain pour la construction d’un monde juste et fraternel à la gloire de Dieu.

Or nous vivons exactement l’inverse : Mammon est devenu le souverain, « prêtre suprême », en transformant les Césars du monde en percepteur de taxes pour Mammon. Prions pour que la France, et le monde, soient libérés de Mammon et de ses Césars collaborateurs afin de recevoir la Sagesse de Dieu pour gouverner et gérer les finances !

      Le Conseil d’Alleluia-France