La communauté catholique idéale existe-t-elle ?

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 « Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n’aurez pas achevé de parcourir les villes d’Israël que le Fils de l’homme sera venu. Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison ! » Mat 10, 23 -25

L’Eglise primitive naît sur des ruines. Rien d’étonnant à cela. Jésus n’avait-il pas dit : « « Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai » ? Cependant, les apôtres sont lent à comprendre à accepter cela : étant réunis par le Seigneur qui leur apparaît après sa résurrection, ils lui demandent : « Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? » Actes 1,6.

Qu’a-t-il donc purifié, émondé dans la vie et dans le cœur des disciples en ces cinquante jours de la Passion / Résurrection à la Pentecôte, autour de Marie, la Mère ? Sans doute une vision charnelle de la Royauté messianique…l’espoir d’une Église triomphante dans laquelle, eux, les disciples, occuperaient les premières places en soumettant le monde au règne de Dieu ? – Même après avoir vécu la mort et la Résurrection de leur Seigneur et entendu sa PAROLE, ils devaient perdre les dernières illusions qu’ils avaient sur eux-mêmes, sur leur capacité à suivre Jésus et à mettre en pratique sa Parole !

On comprend alors pourquoi, la Pentecôte n’a pas surgi de suite dans la vie des disciples. Il leur a fallu consentir au temps, à l’attente. Cinquante jours. Parce qu’il faut du temps pour accepter de mourir aux fausses images du Sauveur, mais aussi à l’image idéalisée de soi-même et de l’Eglise. Consentir à laisser tomber les murs de nos fausses sécurités pour se découvrir libres, enfin libres de faire du Christ humble et pauvre notre vraie richesse, mettre en lui notre confiance et notre fierté, découvrir l’Eglise de son désir.

On ne saurait faire le compte des communautés chrétiennes qui ont fait faillite pour avoir vécu d’une image rêvée de l’Eglise ou d’un monde où l’Eglise serait puissante.  » Il y a toujours la tentation de construire des “nids” : de se réunir autour de son propre groupe, de ses propres préférences, le semblable avec le semblable, allergiques à toute contamination » (pape François). On veut une Eglise à la ressemblance de nos idées, de nos rêves. Mais c’est une grâce de Dieu que ce genre de rêves idéologiques doivent sans cesse être brisés. Pour que Dieu puisse nous faire connaître la communauté chrétienne authentique, il faut même que nous soyons déçus par les autres, déçus par nous-mêmes, pour qu’enfin la Vérité du Corps que nous formons germe en notre cœur : un Corps, lieu de Fils et Filles du Père en Jésus-Christ, lieu de frères et des sœurs aimés du même Père.

Plus d’hypocrisie, plus d’illusion dans notre cœur car nous sommes appelés à faire l’expérience du prix exigeant de la foi dans un monde où s’éprouvent notre propre impuissance et la faiblesse apparente de Dieu. Le Sauveur nous montre que la seule porte étroite pour tenir bon en Eglise a un Nom : le Saint Esprit, le Paraclet. Celui-ci habite la Parole et le Pain de vie, vraies nourritures pour notre vie.

Oui l’Esprit est offert à tous, sans exception. Là où est l’Esprit est l’Eglise. Il n’y a pas de peuple de purs, séparé du reste des hommes, pas plus qu’il n’y a d’élite dans l’Église qui aurait une plus grande part de l’Esprit. Il n’y a pas non plus de langue sacrée. La langue de l’Esprit n’est ni le grec ni le latin ! C’est le langage de l’amour du Christ Jésus, de notre Abba, le langage de la louange et de la communion fraternelle qui nous pousse vers l’autre pour partager la joie de l’Amour de Jésus. Et ce langage-là est universel. Chacun peut le comprendre dans sa propre langue.

La communauté catholique idéale est donc celle où chacun « Cherche d’abord le Seigneur Jésus et sa justice, alors toutes ces choses nous seront données par surcroît. » L’Eglise : lieu unique de la bataille spirituelle du Christ pour sauver des âmes, car le royaume de Dieu, n’est pas de ce monde. Prions sans cesse pour l’Eglise du Cœur de Jésus.                                           

  Le Conseil d’Alleluia-France