Comment j’ai vu s’écrouler le mur de Berlin

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Ce témoignage est d’abord celui de la Foi en Christ. En effet, après avoir prié pendant des années pour que tombent le Rideau de fer, le Mur du silence et le communisme soviétique, ils se sont écroulés tous les trois devant nos yeux ébahis, sans violence armée !

En effet, le 9 Novembre 1989 vers 23h00, avec un camion humanitaire pour la Pologne et trois priants un peu fous, nous avons traversé les premiers le mur de Berlin en vivant l’impensable, l’inimaginable ! Avec des amis dans la foi, nous avions affrété un camion pour aller aider une paroisse pauvre dans la banlieue de Cracovie en Pologne, au début de l’hiver. C’était notre cinquième transport humanitaire avec nos « munitions » : des médailles miraculeuses ! Pour cela il fallait traverser l’Allemagne de l’Est sans s’arrêter, sinon c’était la prison et pour longtemps !  Alors chaque passage frontière vers l’Est était problématique avec les vopos, le froid, les chiens, l’inspection de notre fret, les démontages de cabine, les humiliations et tous les papiers de douane : une vraie liasse. Surtout pas de rire en coin, tous les vopos étaient armés et au moindre geste pouvaient nous envoyer à l’ombre. On arrivait dans une zone où l’on acceptait de perdre les apparences de toute dignité, ils avaient tout pouvoir sur nous et nous le répétaient en boucle dans un allemand de caserne. Bref, ce jour-là j’arrive avec mon camion et mes deux frères devant la barrière fermée. Et surprise : personne pour nous « accueillir » ! Au contraire je voyais fuir les vopos devant nous. Ils couraient en emportant le minimum. J’étais au volant et j’attendais. Dans les frontières de l’Est il fallait attendre, attendre longtemps, moteur et vitres fermés !

Cette nuit-là le Mur portait bien son nom : le Mur du silence ! Impressionnant ! Alors j’ouvre mon poste de radio avec antenne et je prends RFI ; j’entends : « Scoop spécial, on annonce qu’il se passe quelque chose d’incroyable à la frontière du Mur de Berlin, elle semble délaissée par les autorités. On croirait une ouverture entre les deux Allemagne ». Alors je m’exclame tout fort : « Mais moi j’y suis au Mur et je vois ce qui se passe, il n’y a plus rien ! «  Tous les véhicules derrière le mien étaient muets de peur. Mais pour en savoir plus, je prend le risque et je sonne un coup de corne de brume installée sur le toit du camion ! ENORME ! RIEN ! Normalement la réponse était une salve de mitraillettes ! Alors je sonne un deuxième coup ! Rien ! Un troisième ! Rien ! Alors je mets le pied au sol et rien ! J’avance un peu : je suis encore vivant ! J’ose lever la barrière, rien ! Alors là je me dis que c’est du sérieux : les rats ont bien fui le bateau ! Je reviens au camion je m’agite devant les véhicules derrière le mien pour les inviter à tous sortir. Mais ils sont terrés ! Alors je m’agite avec de grands gestes pour leur montrer que je ne suis pas mort devant eux ! Ils me voient comme un pantin désarticulé, mais vivant ! Un conducteur ose sortir, puis deux, trois, et tous sortent des véhicules, je leur explique la situation, ils la vérifient par eux-mêmes… éclats de joie, on s’est mis à danser dans la nuit …

Puis on s’est dit : en route !  Mais faut-il traverser ou pas ? C’était peut-être un piège, car le « no man’s land » était truffé de barbelés et d’armes,, sur plusieurs kilomètres. Mais tous voulaient oser ensemble. Je passe le premier la frontière après avoir déposé, comme à chaque fois, les médailles miraculeuses en priant ! Une grande surprise nous attendait de l’autre côté du « no man’s land » à la dernière frontière : des milliers de Brabants attendaient, moteurs allumés, toits chargés à bloc. Les Allemands de l’Est avaient eu vent de l’ouverture avant l’Ouest et ils attendaient … ! On s’est croisé en se jetant dans les bras, nous étions les premiers véhicules libres de l’Ouest confirmant leur espoir et leur information ! Dans l’autre sens sur l’autoroute d’Allemagne de l’Est, des milliers de véhicules parechocs contre parechocs attendaient pour passer. C’était le 9 novembre 1989 au milieu de la nuit, une lumière d’espoir était née pour ces familles séparées.. Pendant des années, Dieu nous avait voulu que nous posions un acte de foi en demandant l’impossible et voici que nous avions devant nous la réalisation de nos prières : le mur s’écroulait devant nos yeux ! Oui, frères et sœurs, la foi en Jésus renverse les montagnes et les Murs ! Que le Nom du Seigneur soit béni !

Que dire encore ? Le temps me manquerait pour rappeler l’histoire de Gédéon, Barak, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes. Par leur foi, ils ont conquis des royaumes, pratiqué la justice, obtenu la réalisation de certaines promesses. Ils ont fermé la gueule des lions, éteint la flamme des brasiers, échappé au tranchant de l’épée, retrouvé leurs forces après la maladie, montré du courage à la guerre, mis en fuite des armées étrangères.  Heb 11, 32-34

Ah ! Si nous avions un grain de foi pour le salut de la France, elle serait sauvée depuis longtemps !

Le Conseil d’Alleluia-France