Ayez foi en moi, ma grâce vous suffit !

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A Noël nous avons tous chanté : « De la crèche au crucifiement Dieu nous livre un profond Mystère ! » Mais quel est ce Mystère ? Le voici : Dieu nous révèle qu’il donne sa grâce en la Puissance de son Esprit Saint à ceux qui renoncent à exercer une puissance personnelle, sociale, politique, spirituelle, économique à cause du Christ et de son Evangile. L’Enfant-Dieu, né sur la paille, nous enseigne que ces fausses puissances sont les constituants de l’esprit du monde, qui mène sûrement nos âmes à la géhenne, au néant ! 

Le Père nous a donné le témoignage de son Fils né sur la paille de Noël, dans la mangeoire de deux bêtes de somme, au milieu des plus pauvres d’Israël. Il est pourtant le Fils de Dieu par qui tous les mondes furent créés. C’est pourquoi les mages, ces savants de la terre, cherchant le salut, la lumière et la vérité, sont venus de loin se dépouiller de leur puissance et de leurs richesses au pied de l’Enfant-Jésus !  Dans les sociétés gouvernées par la violence, le pouvoir et la domination, le Christ nous dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » 2 Co 12,9. « Venez à Moi, car en Moi, vous êtes plus que vainqueurs des puissances du monde, des puissances de péché qui vous habitent ». La grande révolution commence !

La vraie révolution commence avec la première des Béatitudes, vécue dès la crèche : « Bienheureux les pauvres, car le Royaume des cieux leur appartient » Luc 6, 20. En cette parole, Jésus-Christ opère la rédemption d’Adam séduit par le discours du Serpent : « Vous serez comme des Dieux » Gn. 3 ,5. Satan a tenté Adam pour le faire chuter de sa condition de créature humaine, de sa place privilégiée qu’il avait en Dieu. Après sa chute Adam se trouve nu, dénudé de la Gloire qui l’habillait dans le face à face avec Dieu. Mais dans le Christ, le Père nous habille à nouveau de sa Gloire, du premier vêtement d’avant la chute ! A chaque retour à Dieu, le Père nous dit comme au Fils prodigue : « Vite, apportez le plus beau vêtement et habillez-le ! » Luc 15, 22

Pourtant, le Serpent réitère son discours séducteur au Nouvel Adam : « Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. » Luc 4 : 6a. Ainsi l’Agneau nous enseigne qu’une révolution se produira dans le cœur de tout homme, lorsqu’il comprendra que sa faiblesse, sa nudité, sa fragilité, sont le socle même de son humanité, que d’elles jaillira l’appel à la grâce pour une communion avec Christ, sans lequel il ne peut rien faire de bon. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » Mt 11, 28-30

Encore aujourd’hui, pour l’esprit du monde, la faiblesse est une faute. On cache les malades, les cabossés, les « inutiles », on tue les Vincent Lambert et autres improductifs. Or, ceux-ci nous rappellent que la fragilité, la faiblesse, la vulnérabilité sont le cœur battant de notre humanité qui conduit au Christ. La propre fragilité du Christ était surmontée par sa Communion d’Amour avec son Père, source de grâce pour tous ceux qui Lui demandent son secours !

 « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ lequel […] s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. » (Selon Phi 2 : 5-8)

C’est ce mystère de la fragilité de Dieu qui rencontre la fragilité de l’homme que nous célébrons à Noël et à Pâques. C’est pourquoi en cette année 2020, ayons conscience de la réalité de notre grande fragilité pour que dans tout ce que nous vivrons nous puissions le prier ainsi : « Jésus j’ai confiance en Toi, ta grâce me suffit ! »                     

Le Conseil d’Alleluia-France