mardi, 15 novembre 2011 10:05

Juifs et Chrétiens

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"Juifs et Chrétiens sont frères et témoins ensemble des vérités divines"

Benoît XVI

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Le cardinal Ratzinger s’est souvent exprimé sur cette question, et sa pensée, ferme et cohérente, est en harmonie totale avec celle de son prédécesseur, au point que l’on peut se demander s’il n’y a pas eu entre eux d’influence réciproque dans ce domaine.

 

Pour celui qui est désormais Benoît XVI, « il est évident que notre dialogue à nous, chrétiens, avec les juifs se situe sur un plan différent de celui [que nous avons] avec les autres religions. Notre reconnaissance va donc à nos frères juifs qui, en dépit des difficultés de leur histoire, ont conservé, jusqu’aujourd’hui, la foi dans ce Dieu et témoignent de lui devant les autres peuples qui, dépourvus de la connaissance du Dieu unique, étaient dans les ténèbres. » (Osservatore Romano, 29 décembre 2000). « La foi témoignée dans la Bible des juifs, l’Ancien Testament des chrétiens, écrivait encore le cardinal, n’est pas pour nous une autre religion, mais le fondement de notre foi. C’est pourquoi les chrétiens - et aujourd’hui toujours plus en collaboration avec leurs frères juifs - lisent et étudient avec une telle attention, en tant qu’elle fait partie de leur propre patrimoine, ces livres de la Sainte Ecriture. Il est vrai que l’Islam aussi se considère fils d’Abraham et a hérité d’Israël et des chrétiens le même Dieu, mais il parcourt une voie différente qui a besoin d’autres paramètres de dialogue. »

 

Dans sa recension du livre de J. Ratzinger, L’unique alliance de Dieu et le pluralisme des religions (Paris, Parole et Silence, 1999) Eugène Fisher, délégué de la conférence des évêques des Etats-Unis pour les relations avec les Juifs, écrit : « L’agir de Dieu, qui a consisté à faire librement alliance avec les Juifs en premier et ensuite, à travers le Christ, avec ceux qui ont été appelés d’entre les Gentils, n’est pas, pour le cardinal Ratzinger, un “ou / ou” , ni un “nous gagnons / vous perdez” - comme de trop nombreux prédicateurs chrétiens l’ont décrit, au fil des siècles (en ignorant les éléments qui se trouvent au cœur du témoignage biblique) - mais d’une manière retentissante, un “l’un et l’autre / et”. En conséquence, Juifs et Chrétiens sont appelés à être “témoins ensemble” des vérités divines, de l’unité de l’unique Dieu, le Dieu d’Israël, et de la volonté de Dieu pour toute l’humanité.

 

Sur la question de la responsabilité chrétienne dans la Shoa, les positions du nouveau pape sont parfaitement claires : « Le fait que l’extermination des juifs par Hitler avait aussi un caractère sciemment antichrétien est important et ne doit pas être passé sous silence. Mais cela ne change rien au fait que des hommes baptisés étaient responsables. Même si la SS était une organisation de criminels athées, et même s’il n’y avait guère de chrétiens croyants parmi eux, toujours est-il qu’ils étaient baptisés. L’antisémitisme chrétien avait préparé le terrain jusqu’à un certain degré, on ne peut pas le nier. Il y avait un antisémitisme chrétien en France, en Autriche, en Prusse, dans tous les pays, et sur la base de ces racines, les fruits pouvaient pousser. C’est en fait un motif de constant examen de conscience. » (Le sel de la terre, entretiens avec Peter Seewald, Paris, Flammarion/Cerf, 1997, page 242).

 

Lorsque Jean-Paul II, à l’approche de l’an 2000, voulut prendre l’initiative d’une démarche de repentance vis-à-vis des Juifs, sa proposition suscita des réticences de la part d’un certain nombre de cardinaux (cf. Luigi Accatoli, Quand le pape demande pardon, Paris, Albin Michel, 1997, pp. 75-87). Le cardinal Ratzinger fut l’un de ceux qui encouragèrent le pape et le soutinrent sans réserve dans cette affaire.

 

 

 

Lu 2101 fois Dernière modification le mercredi, 03 octobre 2012 18:52

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